Aérotact : ressens ce que tu ne vois pas !

Aérotact : ressens ce que tu ne vois pas !
25 février L'équipe Switch up

Pour sa 5e édition, le SwitchUp Challenge sélectionne un projet innovant qui tend à rendre l’autonomie aux personnes aveugles et malvoyantes en France. Il s’agit d’Aérotact, un appareil électronique portatif d’aide à l’évitement d’obstacle et à la reconnaissance d’objets pour aveugles et malvoyants. Derrière ce projet se cache Yoann Santoni, geek et passionné par les progrès de la science et du domaine de l’innovation. Entretien avec ce dernier.

Pourquoi cette cause te tient-elle à coeur ?

Il y a actuellement 1,3 millions de personnes aveugles et malvoyantes profondes en France, et pourtant, il n’y a pas de système d’évitement d’obstacle ou de reconnaissance d’objet performant qui leur soit proposé afin de leur rendre leur autonomie, d’améliorer leur vie au quotidien ainsi que leur intégration dans la société (accès au travail, aux loisirs, et à tout type d’activités sociales). Malgré les immenses progrès technologiques de ces dernières années, ces personnes semblent délaissées par les différentes innovations qui ont bouleversé nos modes de vie en nous rendant toujours plus connectés, en facilitant l’accès à l’information ou même à des nouveaux loisirs. En tant qu’amoureux des sciences, c’est une situation que je trouve inacceptable, car la technologie n’a d’utilité que si elle est au service de la société, et de toute la société.

Une anecdote marquante à raconter depuis le début de ce projet ?

Je pense que c’est la façon dont l’idée est venue. C’est en fait en regardant le film Dardevil, et particulièrement une scène où, sous la pluie, ce super-héro aveugle ressent son environnement grâce à ses autres sens et « voit » pour la première fois sa copine, que l’idée du projet à germé. D’ailleurs, au tout début, le projet s’appelait « DareDevice ». Au départ, je trouvais juste cool l’idée de ressentir son environnement, et de ne pas avoir besoin de ses yeux pour se repérer, d’avoir un genre de super-pouvoir. Et puis, un peu au hasard et après avoir réfléchi sur les pistes technologiques qui permettraient de rendre cette idée concrète, j’ai eu la chance de tomber sur le stand des Aveugles et Amblyopes de France, à la foire aux associations de Montpellier. J’ai pu échanger avec eux, leur expliquer mon projet, et eux ont pu m’expliquer les différentes techniques qu’ils utilisent pour naviguer dans la vie de tous les jours, qui leur demandent un effort de concentration constant et éprouvant, pour des performances qui ne sont pas forcément idéales. J’ai été impressionné par leur ténacité, et leur engouement pour le projet.

Ta plus grosse peur par rapport à ce projet et cette thématique ?

Ma plus grosse peur par rapport à ce projet est que pour des raisons indépendantes de ma volonté, qu’elles soient financières, législatives ou autres, la technologie de l’Aérotact n’arrive pas sur le marché. Ce serait vraiment dommage d’avoir cette technologie et de ne pas parvenir à aider ceux pour qui elle à été imaginée.

Comment imagines-tu ce projet dans 10 ans ?

J’imagine ce projet totalement intégré dans la société. Au même titre que la canne blanche qui est un objet emblématique de la non-voyance, dans 10 ans et au niveau mondial, j’imagine l’Aérotact s’imposer grâce à ses performances et à son accessibilité, et devenir un outil commun au sein d’une population ignorée trop longtemps par les progrès de la science. C’est certainement un objectif ambitieux, mais j’y crois.

Ton inspiration ?

J’ai dû relire une quinzaine de fois le cycle de fondation d’Isaac Asimov, qui illustre bien les répercussions des actions individuelles sur l’état du monde (en l’occurrence de la galaxie), et les dangers de l’obscurantisme.

Ton rêve le plus fou ?

Depuis tout petit je voulais être pilote de chasse. Recalé de l’école de l’air pour raisons médicales, mon rêve le plus fou est de posséder mon propre avion à réaction.

Ta philosophie :

« On ne traverse pas un ravin en mettant le pied au milieu »

La technologie dont tu ne peux pas te passer ? :

Internet bien sûr ! Avoir accès à toutes les connaissances de l’humanité du bout des doigts est quelque chose qui ne cessera jamais de m’émerveiller.

Yoann a découvert le SwitchUp Challenge après avoir participé à un atelier organisé par MakeSense à Montpellier. Il a ainsi candidaté, convaincu du potentiel des nouvelles technologies au service de la société. Le voilà finaliste !

Le SwitchUp Challenge est un programme qui met l’innovation technologique au service d’une société plus juste, plus durable, plus accessible. En d’autres mots, nous récompensons et accompagnons depuis 4 ans des étudiants et jeunes entrepreneurs qui développent des solutions tech pour résoudre des problématiques sociales ou environnementales. Le SwitchUp Challenge est un programme initié par Cisco, en partenariat avec Qwant, le SenseCube, et de nombreux autres partenaires nationaux et locaux dans 8 villes de France.